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Quang Nam : la vannerie fait la fierté des Co-tu - 27/08/2008

Il y a belle lurette que
les Co-tu - une des 54 ethnies du pays - ont élu domicile sur la
cordillère de Truong Son, dans le Centre du pays. Ils sont renommés
pour leur culture montagnarde, qui se particularise à travers des
métiers traditionnels comme la vannerie, le tissage de la brocatelle...
Une visite à B'Hôông, un
village de vanneries des Co-tu, dans la province de Quang Nam, suffit
pour constater la vigueur d'un de ces métiers traditionnels. Si la
brocatelle contribue à la réputation des villages de Zara et Do Roong,
la vannerie fait la fierté des villageois de B'Hôông. Partout, dans la
rue comme dans les maisons d'habitation, on peut y voir une grande
variété de magnifiques articles en rotin ou en bambou.
Assis sur le sol, devant la porte de sa maison, le sage du village de B'Hôông, B'riu P'râm, 86 ans, s'applique à tresser une hotte. À côté, son petit-fils, un garçon de 12 ans, l'aide à fendre le bambou pour en faire des brins, longs et souples. Ici, toutes les familles pratiquent ce métier d'appoint, ne serait-ce que pour fabriquer les objets utilisés dans la vie quotidienne. "Les vanneries sont liées étroitement à la vie quotidienne des Co-tu. Elles les accompagnent dans toutes les activités : travail dans les champs, chasse dans la forêt, pêche dans le cours d'eau, tâches ménagères... Sans oublier les événements communautaires importants comme rites cultuels, mariage...", explique le sage octogénaire.
Habileté, sens esthétique et patience font l'artisan
Les vanneries des Co-tu, à la fois belles et pratiques, illustrent l'esprit créatif et l'habileté des artisans. La hotte qu'on porte sur le dos pour transporter le riz ou d'autres produits, le piège pour chasser les écureuils et les rats, la nasse pour capturer les poissons, la boite à bijoux, le coffret pour ranger les brocatelles, le panier et le panier plat pour sécher ou vanner le riz, la corbeille à fruits ou à fleurs, le tabouret, le plateau (sur lequel on place des disques) pour le repas de famille, le plateau (pour ranger les fruits et les offrandes) à l'usage exclusif des cérémonies cultuelles... chacun de ces objets obéit à un choix rigoureux des matières premières et à une technique particulière de fabrication.
Les artisans doivent tout faire de A à Z : cueillir la matière premières : rotin, bambou, osier... dans la forêt, la préparer selon une technique spécifique et tresser à la main les différents objets. "La qualité des vanneries des Co-tu réside en premier lieu dans la technique de traitement des matières premières", révèle B'riu P'râm. Les bambous et rotins fraîchement cueillis dans la forêt doivent être, soit immergés durant des mois dans un ruisseau pour devenir plus solides, soit séchés longtemps à la fumée de la cuisine pour être plus résistants aux vrillettes et aux termites. Un "secret de l'art" des Co-tu qui permet de donner à leurs vanneries une gamme de couleurs incroyables.
Le tressage constitue lui aussi un art qui demande au tresseur, habileté, sens esthétique et grande patience. Montrant du doigt quelques jolies hottes en rotin en forme de cylindre, "cadeau pour les hôtes de marque ou les jeunes mariés", B'riu P'râm témoigne du "plus difficile" procédé de fabrication, réservé aux seuls artisans expérimentés et qui exige "le plus de temps". Un cadeau spécial qui exprime le sentiment du donateur.
À cette époque d'explosion du tourisme, ce métier d'appoint du village de B'Hôông contribue grandement à améliorer la vie des villageois. À côté des vanneries traditionnelles, des charmants objets de souvenir en rotin et en bambou sont créés au gré du talent des tresseurs et pour le plus grand plaisir des visiteurs. Une preuve vivante de l'épanouissement heureux d'une culture montagnarde, celle des Co-tu qui se perpétuent sur la cordillère de Truong Son.
Nghia Dàn/CVN
(27/08/2008)
Assis sur le sol, devant la porte de sa maison, le sage du village de B'Hôông, B'riu P'râm, 86 ans, s'applique à tresser une hotte. À côté, son petit-fils, un garçon de 12 ans, l'aide à fendre le bambou pour en faire des brins, longs et souples. Ici, toutes les familles pratiquent ce métier d'appoint, ne serait-ce que pour fabriquer les objets utilisés dans la vie quotidienne. "Les vanneries sont liées étroitement à la vie quotidienne des Co-tu. Elles les accompagnent dans toutes les activités : travail dans les champs, chasse dans la forêt, pêche dans le cours d'eau, tâches ménagères... Sans oublier les événements communautaires importants comme rites cultuels, mariage...", explique le sage octogénaire.
Habileté, sens esthétique et patience font l'artisan
Les vanneries des Co-tu, à la fois belles et pratiques, illustrent l'esprit créatif et l'habileté des artisans. La hotte qu'on porte sur le dos pour transporter le riz ou d'autres produits, le piège pour chasser les écureuils et les rats, la nasse pour capturer les poissons, la boite à bijoux, le coffret pour ranger les brocatelles, le panier et le panier plat pour sécher ou vanner le riz, la corbeille à fruits ou à fleurs, le tabouret, le plateau (sur lequel on place des disques) pour le repas de famille, le plateau (pour ranger les fruits et les offrandes) à l'usage exclusif des cérémonies cultuelles... chacun de ces objets obéit à un choix rigoureux des matières premières et à une technique particulière de fabrication.
Les artisans doivent tout faire de A à Z : cueillir la matière premières : rotin, bambou, osier... dans la forêt, la préparer selon une technique spécifique et tresser à la main les différents objets. "La qualité des vanneries des Co-tu réside en premier lieu dans la technique de traitement des matières premières", révèle B'riu P'râm. Les bambous et rotins fraîchement cueillis dans la forêt doivent être, soit immergés durant des mois dans un ruisseau pour devenir plus solides, soit séchés longtemps à la fumée de la cuisine pour être plus résistants aux vrillettes et aux termites. Un "secret de l'art" des Co-tu qui permet de donner à leurs vanneries une gamme de couleurs incroyables.
Le tressage constitue lui aussi un art qui demande au tresseur, habileté, sens esthétique et grande patience. Montrant du doigt quelques jolies hottes en rotin en forme de cylindre, "cadeau pour les hôtes de marque ou les jeunes mariés", B'riu P'râm témoigne du "plus difficile" procédé de fabrication, réservé aux seuls artisans expérimentés et qui exige "le plus de temps". Un cadeau spécial qui exprime le sentiment du donateur.
À cette époque d'explosion du tourisme, ce métier d'appoint du village de B'Hôông contribue grandement à améliorer la vie des villageois. À côté des vanneries traditionnelles, des charmants objets de souvenir en rotin et en bambou sont créés au gré du talent des tresseurs et pour le plus grand plaisir des visiteurs. Une preuve vivante de l'épanouissement heureux d'une culture montagnarde, celle des Co-tu qui se perpétuent sur la cordillère de Truong Son.
Nghia Dàn/CVN
(27/08/2008)
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