


Les Dao, aussi appelés « peuple de la forêt », pratiquaient la culture du riz pluvial sur les pentes mais aussi, dans une moindre mesure, celles du maïs et du manioc. Leur système de culture itinérant était fondé sur des périodes de jachère longues.
La cueillette en forêt (pousses de bambou, légumes sauvages, champignons, etc.) ainsi que la chasse d’un gibier encore abondant à cette époque, jouaient un rôle essentiel dans leur alimentation, notamment en périodes de soudure. Le hameau classique était constitué de deux à quatre foyers seulement, de manière à éviter la saturation foncière du périmètre exploité. Le regroupement des parcelles cultivées par plusieurs foyers permettait à ces derniers de limiter les pertes occasionnées par la faune sauvage. Il facilitait aussi l’entraide, pratique très commune dans la communauté dao. Ainsi, l’abandon des parcelles impliquait un mouvement général du hameau. Contrairement aux terres de bas-fonds, l’accès aux terres de pentes n’était pas soumis aux règles foncières de type tay, ni aux impôts prélevés par l’administration. L’usage voulait qu’une parcelle défrichée par une famille lui appartienne pendant la durée de son exploitation mais qu’elle soit à nouveau en libre accès dès son abandon. La terre étant indivise, l’accès au foncier n’entrait pas dans les critères de différenciation sociale. Les notables possédaient des buffles (jusqu’à 6 par famille) qui étaient considérés comme une forme d’épargne. Ils étaient utilisés accessoirement pour le transport du matériel lors des déplacements du hameau. La fumure animale n’était pas utilisée.
Les interactions étaient rares entre les systèmes tay et dao fondés sur l’exploitation de deux unités de paysage bien distinctes


